Résumé du livre
Entourée
de jeunes hommes qui pourraient demander sa main, l'héroïne tarde
pourtant à trouver un mari car elle rêve de l'amour idéal. À
trente ans, elle est déjà considérée une vieille fille par les
siens, dans une Sardaigne qui connaît les affres de la Seconde
Guerre mondiale... Et lorsqu'elle conclut une union très attendue,
c'est en affirmant haut et fort que ce n'est pas par amour mais par
raison. Comme son unique enfant, l'amour se fera attendre. Elle
finira par le rencontrer sur le Continent, lors d'une cure thermale
destinée à guérir son « mal de pierres », des calculs rénaux,
mais qui aura raison aussi de son « mal d'amour ». À sa petite-fille,
elle racontera quelques décennies plus tard ses émotions, ses
cheminements, tout en laissant des zones d'ombres. La vérité ne se
recomposera que longtemps plus tard, de façon inattendue, lorsque
la dernière pièce du puzzle se retrouvera entre les mains de la
narratrice. Mais quelle est au juste la vérité ?

Revue
de presse
On lit. Et
l'on est pris (épris ?) d'une fièvre maléfique, mélange de
plaisir et de spasmes. Abasourdi. Ravi d'être piégé par tant de
finesse, de prise de risques, de liberté. Milena Agus, que l'on
imagine écrivant sagement dans un coin de sa Sardaigne, fait de
l'entourloupe du grand art - de la littérature. Ses menteries et
ses boniments crachent, avec violence et mélancolie, une histoire
d'amour, de sexe et de folie, tous unis. La narration, elle, style
et construction, est simplement hypnotique... Agus passe à la
moulinette l'amour, le sexe, la tendresse, le rêve et n'oublie pas
bien sûr la littérature, cet art du mensonge, ou de la vérité.
Allez savoir.
Martine Laval - Télérama du 3 janvier 2007
Les romans
d'amour ne sont jamais aussi prenants que lorsqu'ils nous parlent du
malheur d'aimer, ou, variante, de comment une vie aimante ne peut
être admise qu'au prix de sa dénégation la plus obstinée. Parce
que l'amour, justement, est si important (sûrement la chose la plus
belle du monde) qu'il ne pourra jamais être celui que l'on vit
soi-même. Ce sont les délices et les tourments d'un tel amour que
nous donne à goûter Mal de pierres, un petit bijou de roman, poli
comme une pierre précieuse et délicieux, pour ne pas dire
entêtant, comme certains gâteaux sardes, tout miel et tout anis.
Jean-Baptiste Marongiu - Libération du 4 janvier 2007
Ce
livre est un bijou. On voudrait en rester là, de crainte de trahir
sa construction insolite, de déflorer sa sensibilité... Mal de
pierres est le deuxième roman de Milena Agus, originaire de
Sardaigne, où elle vit toujours, mais le premier à être traduit
en français. Cela n'en reste pas moins une révélation.
Delphine Peras - L'Express du 4 janvier 2007
Mal de
pierres montre aussi qu'un «fou», en mettant du jeu dans le tissu
social, en assure la stabilité : «Dans chaque famille, il y a
toujours quelqu'un qui paie son tribut pour que l'équilibre entre
ordre et désordre soit respecté et que le monde ne s'arrête
pas.» Sans parler de l'étrangeté des gens normaux, ici incarnée
par de beaux personnages secondaires, notamment le grand-père, qui
jusqu'au bout garde son mystère, en particulier celui de la
sollicitude infinie dont il fait preuve à l'égard de sa femme :
une autre manière d'amour «fou». L'idée maîtresse du livre,
dont les dernières lignes donnent la clé, est que la folie est
mortifère tant qu'elle est considérée comme un handicap, contenue
ou forcée à se conformer ; elle devient féconde, réellement
féconde, quand l'imaginaire envahissant d'une personne trouve un
sujet de dilection autour duquel se cristalliser, et un art pour
s'exprimer. C'est en écrivant un roman que grand-mère est rendue
à la vie...
Astrid de Larminat - Le Figaro du 11 janvier 2007
Ce bref
roman, son deuxième en Italie, a quelque chose de la pierre, en
effet : compact, lisse en apparence et cependant plein
d'anfractuosités, de retenue, de secrets. A cause de la folie qui
l'infuse et l'emporte dès le commencement, sans que le lecteur n'en
sache rien. A cause, aussi, d'un style sobre et poétique,
concentré, sans ornement, semblable aux murs de granit des maisons
sardes. A cause enfin d'une narration en spirale, qui ne dévoile
que progressivement et presque fortuitement le motif central du
roman. Comme si le récit rechignait d'abord à dire la vérité sur
la femme dont il est question, cette jeune Sarde aux cheveux sombres,
semblables à un "nuage noir et luisant" quand
elle ôte ses épingles... Où est la folie ? Où est le mensonge,
dans cette société sarde pleine de replis bien cachés ?
Certainement pas sur la lune.
Raphaëlle Rérolle - Le Monde du 12 janvier 2007
Quel est ce
«mal de pierres» dont souffre l'héroïne de ce livre venu de
Sardaigne et qu'on brûle, dès les premières pages, de faire
connaître ? Ces coliques néphrétiques ne cachent-elles pas un mal
plus obscur qui expliquerait mieux pourquoi les prétendants de
cette belle célibataire, âgée pour l'époque (la trentaine),
finissent tous par la fuir, au grand dam de sa famille ?.. Le récit
de l'héritière-confidente distille peu à peu, comme un suc, les
éléments qui composent le destin d'une femme désirante où folie
et écriture se rejoignent en une seule et dernière page...
Valérie Marin La Meslée - Le Point du 25 janvier 2007
L'autre
héroïne de ce livre est la Sardaigne : un pays sec, rugueux qui
rend les femmes un peu cinglées et les hommes en décalage avec le
reste du monde. Milena Agus est de cette île qui tourne les sens.
Elle y vit, y enseigne et écrit. Son roman débute comme une
biographie familiale, se poursuit en aventure fusionnelle, fait un
tour par l'Histoire, porte un regard sur la société italienne et
ses injustices de classe, n'oublie jamais de glisser une pointe
d'humour. Le bilan est déjà assez brillant, mais l'auteur ne
s'arrête pas là : la romancière aime les mensonges de la fiction
et nous offre un retournement de dernière minute. En fait, les
Sardes doivent être comme ça : séduisants et imprévisibles,
libres de tout réinventer et avec un sacré talent.
Christine Ferniot - Lire, février 2007
C'est elle
qui écrit «Mal de pierres», l'histoire de sa grand-mère,
aujourd'hui disparue, dont on ne saura pas le prénom. Avec minutie,
elle reconstitue le destin de cette femme sinon dérangée, du moins
décalée, que le manque d'amour mettait au supplice, chez qui la
musique provoquait d'insupportables émotions et pour qui
l'écriture était un exutoire... La vie magmatique et l'île
volcanique de cette Bovary sarde étaient trop étroites pour
contenir ses rêves. Fabuler était sa seule manière de survivre.
Ce récit sans doute autobiographique, d'une sensibilité à fleur
de page, devient ainsi un très bel éloge de l'imagination qui a
raison de la réalité, un fervent art du roman. Lisez-le, faites
passer, c'est du vif-argent.
Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 8 février 2007