Racine est sans conteste l'un des auteurs les plus
étudiés et les plus joués du répertoire classique. Son caractère incontournable et
les louanges unanimes auxquelles tout un chacun se croit obligé de se livrer à son sujet
semblent pourtant lui nuire auprès du jeune public : les élèves sont souvent effrayés
et rebutés par cette statue imposante et poussiéreuse, ce monstre sacré si lointain
qu'il en devient incompréhensible. Parmi ces oeuvres terrifiantes, Phèdre tient une place de choix dans le hit parade des
tortures lycéennes. Une admiration bruyante et autoritaire provoque souvent des
réactions de rejet. Pourtant, il faut se dire que si Phèdre
est un "classique", ce ne peut être à cause d'un consensus arbitraire, qui
tend à fossiliser les oeuvres en voulant leur faire traverser le temps.
Il est vrai que la langue poétique du XVIIe siècle peut paraître d'un abord
difficile, mais un léger effort initial entraînera rapidement même un lecteur novice
dans un univers de violence et de poésie, d'où surgiront des personnages inoubliables.
On pourra ainsi découvrir comment l'actualité d'une telle oeuvre peut se révéler.