Son nom évoque un jeune homme séduisant,
les cheveux aux vents, le regard mélancolique, soupirant autour d'un lac. L'adjectif, lamartinien, qu'il a
suscité, suggère pour les uns : "romantisme, séduction et émotion" , pour
les autres " molle harmonie, déluge de bons sentiments , et ruissellement
larmoyant"
Lamartine n'a pas suscité que l'admiration. Jules Renard ne l'épargne
guère : "Lamartine rêve cinq minutes et écrit une heure. L'art c'est le
contraire
" Et ce n'est pas Mark Twain qui vient à son secours : "cet
homme-là, dit-il en évoquant Lamartine, n'a jamais pu entendre parler d'un sujet
pathétique sans se répandre en eau. On aurait dû l'endiguer."
Si le nom de Lamartine est populaire, force est de constater que son
uvre et sa personnalité le sont moins , cantonnés qu'ils sont dans une approche
littéraire réductrice. Ainsi Lamartine ne serait que le poète mélancolique,
l'interprète des tristesses existentielles que dénonçaient ses détracteurs , tel Paul
Claudel qui posait la question : " Pourquoi s'attacher à ne rien dire comme tout
le monde, faire des idées les plus communes des énigmes inintelligibles, les envelopper
pour déguiser leur nullité de nuages métaphysiques, de vapeurs mystiques et de
brouillards mélancoliques, qui ne laissent plus voir que le vide de la pensée, quand un
rayon de bon sens les dissipe ?"
Cette attitude est sévère , même si le personnage fut peut-être plus